Une certaine idée de la démocratie locale

Publié le par Julien Freyburger

Il faut parfois se défier des apparences... Cette antienne prend un certain relief à l'épreuve des faits. Ainsi, dans la vie municipale de Maizières-lès-Metz, chaque jour est une occasion supplémentaire de vérifier que l'apparence que l'on veut donner aux choses est souvent très éloignée de la réalité. 

Prenons quelques exemples illustrant cette affirmation : démocratie participative louée dans des comités de quartiers censés être écoutés par la majorité municipale, libre expression des élus dont les mérites sont vantés, association des élus de l'opposition (représentant presque un électeur sur deux, excusez du peu !) à la prise de décision, supports de communication pluralistes, associations librement administrées, liberté d'expression... autant de sujets qui font la fierté de la majorité municipale socialiste qui se revendique partisane de l'application scrupuleuse de ces principes dans la conduite des affaires municipales. 

Une longue période d'observation et de préparation avant les élections municipales m'avait plutôt incité à la prudence et à la vigilance en la matière, tant les uns et les autres avaient eu l'obligeance de me prévenir de la réalité des faits. 

Il s'est avéré par la suite que ceux-ci ont dépassé, et de beaucoup, le cadre de ce qui m'avait été rapporté. 

Jugez plutôt : lorsque nous sollicitons la communication de documents administratifs, on nous répond qu'il n'y a de version informatique desdits documents que depuis quelques (petites) années... dans une ville de 12 000 habitants qui vit, pour la majorité municipale, une révolution numérique ! Le maire a d'ailleurs profité du délai de réponse pour adopter le tarif maximal applicable aux photocopies effectuées par les services de la mairie... sans lien, certainement, avec notre demande ! 

Autre exemple : les comptes-rendus des conseils municipaux réduits à leur plus simple expression, sans que les interventions de l'opposition y figurent, le maire s'offrant la possibilité de censurer ce qui ne lui convient pas ! On croit rêver et, pourtant, tout ceci est bien réel.

On pourrait ajouter à cette liste d'autres éléments comme l'expression des élus de l'opposition dans le journal municipal qui, à côté de la progression fulgurante (sur le plan quantitatif) de celle de la majorité, fond comme neige au soleil ! Ou bien encore le travail de la télévision municipale qui fait l'objet d'un contrôle de la part d'un maire qui, passionné par les questions d'image(s), sélectionne les prises de vue pour que nous n'y figurions qu'en de très rares circonstances...

Voilà à quoi ressemble l'attitude d'une majorité municipale qui se dit "généreuse et ouverte"... On mesure ainsi les efforts que l'opposition doit fournir pour se faire entendre dans un tel contexte.

La morale de l'histoire sera, je l'espère, sauve dans la mesure où les citoyens ne se tromperont pas quand il s'agira de faire des choix. Car si un pouvoir replié sur lui-même peut se permettre beaucoup de choses avant que ne prévale le Droit, il ne peut aller jusqu'à contrôler la volonté des électeurs dans le secret de l'isoloir.

Publié dans Autour de Metz

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