Un peu de sérieux s'il vous plaît !

Publié le par Julien Freyburger

Qu'il y ait un débat au sein de l'opposition me paraît légitime, encore que les primaires socialistes soient bien parties pour ressembler à celles d'Europe Ecologie ! Bien que la tolérance et le respect de l'autre soient prônés, souvent avec sincérité chez les Verts, chassez le naturel et il revient au galop... Eva et Nicolas ne partiront probablement pas en vacances ensemble. Le PS, quant à lui, va consacrer le plus clair de son temps à préparer la désignation de son candidat à l'élection présidentielle au terme d'un processus aussi complexe que contestable. Quid de l'utilisation des listes électorales et surtout de l'usage ultérieur qui en sera fait ? Nul doute que des garanties seront nécessaires pour rendre ces primaires acceptables aux yeux de l'opinion publique, toutes sensibilités confondues. Il y a encore du travail en perspective pour les juristes.

 

Chez les républicains de l'autre rive, pour reprendre une expression en vogue, c'est-à-dire au centre et à droite, en d'autres termes l'UMP au sein de laquelle je suis pleinement engagé, il ne faudrait pas seulement tirer parti du désordre ambiant à gauche pour faire passer au second plan le risque voulu par certains de créer les conditions d'un nouveau "21 avril", à l'endroit ou à l'envers, peu importe. Le cas de Rama Yade me semble emblématique d'une sorte d'agitation politico-médiatique de peu de sens. Je m'explique : il n'est pas question de contester les qualités personnelles de l'intéressée qui est une jeune femme intelligente et particulièrement habile quand il s'agit de faire parler d'elle. Mais l'importance présumée de son ralliement à la démarche initiée par Jean-Louis Borloo relève au minimum d'une fiction médiatique sinon d'un non-événement.

 

Sans la volonté sincère de Nicolas Sarkozy de rendre le Gouvernement plus proche des Français, notamment à travers une diversité tranchant nettement avec l'habituelle consanguinité des élites, Rama Yade serait sûrement aujourd'hui encore administratrice du Sénat, fonction au demeurant intéressante et indispensable à la bonne marche du Parlement. Ce n'est ni son passé de militante, inexistant, ni son expérience électorale, tout aussi limitée, qui lui ont servi de marchepied pour accéder à une responsabilité gouvernementale. Seulement la volonté d'une majorité présidentielle désireuse de faire bouger les lignes. Au surplus, le poste d'ambassadrice à l'Unesco occupé pendant quelques jours encore aurait pu être l'occasion pour sa détentrice de faire preuve d'un réel investissement. Cela aurait dû s'inscrire naturellement dans l'ordre de ses priorités tant les enjeux liés à l'action de l'organisation que le prestige de l'ambassadeur de l'Etat l'accueillant sur son territoire sont, dans un contexte international évolutif, essentiels.

 

Il est à souhaiter que la préparation du principal rendez-vous de la Nation, l'élection présidentielle, ne s'inscrive pas dans la droite ligne de ces "informations" qui, à défaut de permettre que les vraies questions soient abordées, n'occupent pas moins le devant de la scène médiatique.

Publié dans En France et Ailleurs

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