Après les cantonales

Publié le par Julien Freyburger

Difficile d'établir une synthèse à l'issue d'une telle campagne. On souhaite le changement mais on reconduit souvent les sortants, on attend une vraie proximité de la part d'élus locaux mais on est séduit par un discours national, on loue l'humanisme et la tolérance mais on assiste à une montée préoccupante des extrémismes...

 

Sur le plan électoral, tout ceci se traduit par un recul de la Majorité présidentielle, toutefois plus modéré qu'annoncé, une progression relative du Parti socialiste et un Front national vigoureux qui catalyse les mécontentements. Et surtout, une abstention massive, plus inquiétante que tous les autres enseignements de la campagne réunis.

 

En Moselle, la droite progresse et la gauche perd des positions. Ne nous y trompons pas : ce résultat est davantage dû à des situations locales et à des parcours individuels qu'à un véritable mouvement d'ensemble. Par ailleurs, les abstentionnistes sont plus nombreux qu'ailleurs, de même que les électeurs ayant choisi de voter pour un candidat de "la vague bleu marine", souvent inconnu avant le scrutin et aux abonnés absents après.

 

Ce constat sans concession n'en est pas moins objectif et source d'interrogations pour des élus locaux soucieux de bien faire, sans effets de manches particuliers, et de répondre aux questions posées à l'occasion d'un scrutin cantonal. Au-delà de cet aspect des choses, c'est toute notre société qui doit s'interroger : pourquoi un désenchantement aussi fort, pourquoi la Politique n'incarne-t-elle plus l'espoir ?

 

Ce n'est évidemment pas une question liée proprement à la droite ou à la gauche. Tant de mes concitoyens me l'ont dit que le doute n'est plus permis. L'état d'esprit qui prévaut aujourd'hui découle directement de la crise mondiale que nous traversons depuis un trop long moment. Les répercussions concrètes, dans la vie quotidienne des gens, sont autant de sujets de découragement et de colère, plus ou moins rentrée.

 

Parmi les inquiétudes partagées par le plus grand nombre, l'insécurité, dans l'acception la plus large du terme, est probablement la cause majeure de l'exaspération de nos concitoyens. Aux "incivilités" et autres agissements condamnables vient s'ajouter l'insécurité sur le plan économique et social. L'appréhension du lendemain n'est pas un vain mot mais une réalité par trop répandue.

 

Ce n'est pas de débats en tous genres dont on a besoin. Bien plus urgent, bien plus utile, le problème de l'emploi et du pouvoir d'achat figure au premier rang des préoccupations des Français.

 

Si la Politique veut retrouver ses lettres de noblesse, il lui faut s'emparer tout de suite de ces sujets prioritaires pour que des réponses positives et efficaces, aux effets perceptibles à court terme, soient trouvées. On ne s'engage pas dans la vie publique pour passer à côté des aspirations de ses concitoyens mais pour trouver une réponse adaptée aux attentes du plus grand nombre. Celles-ci sont pressantes et précises.

 

Une alternance socialiste reviendrait aujourd'hui, en l'état des débats au sein de l'opposition, à poser un cautère sur une jambe de bois. L'espoir n'est pas de ce côté-là et beaucoup le savent. En revanche, si la majorité présidentielle ne parvenait pas à fournir les efforts nécessaires, exceptionnels par leur ampleur, à une amélioration de la situation qui serait rapidement et positivement ressentie par les Français, nous irions au devant de grandes désillusions et la République en souffrirait. Alors, n'hésitons pas à tout imaginer, à tout envisager pour que le désenchantement d'aujourd'hui ne soit plus qu'un mauvais souvenir demain. 

Publié dans En France et Ailleurs

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Céline 28/03/2011 21:56


Tu as fait cette campagne avec sincérité et cela n'a pas fonctionné.
Je t'ai suivi, te suis et te suivrai aussi loin que tu le voudras bien, parce que tu vas réussir.
Tu as pris un coup de bambou national pour une campagne qui se voulait tant local. Les gens ne savent plus vraiment où ils vont et je suis sure que la sérénité et la réflexion reviendra très
bientôt chez nos concitoyens, nous avons de grandes échéances à venir, il faut des gens sérieux pour diriger le pays, et il faut que les gens le comprennent.