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Affaire DSK : les dirigeants nationaux du PS disqualifiés

Publié le par Julien Freyburger

Ce qu'il est convenu d'appeler "l'affaire DSK" n'est pas une "simple" affaire de moeurs. Il n'en existe pas de vraiment simple mais celle-ci s'avère particulièrement complexe. Pourquoi ?

 

D'abord parce qu'elle concerne un homme politique extrêmement important, dirigeant d'une très grande organisation internationale et candidat, au moment des faits (quelle que puisse être leur qualification juridique), à la présidence d'un grand pays.

 

Ensuite parce qu'elle concerne un homme politique se revendiquant de la gauche socialiste française dont on sait quelle est l'étendue des leçons de morale administrées en permanence à la planète entière.

 

Enfin parce qu'elle oppose deux mondes radicalement différents : d'un côté un homme puissant et riche, de l'autre une femme modeste issue de l'immigration.

 

Un dernier aspect, et non des moindres : l'issue judiciaire de cette affaire ne peut que desservir les femmes en général et les victimes de violences physiques et sexuelles en particulier. Quelle crédibilité accorder à leur point de vue si l'on se réfère à cette mauvaise série américaine qui voit presque, en définitive, la victime présumée se retrouver sur le banc des accusés...

 

Certes, si relation intime il y a eu, on ne peut prouver formellement que la violence a été utilisée pour y parvenir. En termes juridiques, on ne peut pas affirmer non plus qu'il y a eu, au moment des faits, un consentement libre et éclairé de la part de la jeune employée de l'hôtel.

 

Bien sûr, certains beaux esprits rétorqueront que cette jeune femme est loin d'être parfaite, qu'elle a probablement commis des erreurs dans son passé récent, qu'elle a peut-être même menti pour entrer sur le territoire américain... Tout cela est sûrement vrai ou au moins vraisemblable et, en tout état de cause, prouvé ou présumé grâce aux moyens colossaux dont a pu disposer la défense de l'ancien accusé.

 

Le fait que la Justice américaine abandonne les poursuites dans le cadre de la procédure pénale était, en raison des moyens d'investigation déployés et de l'absence de preuve formelle, assez prévisible. Le tribunal de New-York ne saura jamais dire avec certitude ce qui s'est vraiment passé.

 

On ne peut pour autant se réjouir de l'abandon des poursuites contre DSK. Si sa culpabilité n'est pas prouvée, son innocence non plus.  Les dirigeants socialistes se sont d'ailleurs d'eux-mêmes disqualifiés en se réjouissant publiquement de l'abandon des poursuites et du retour de M. Strauss-Kahn. Ils ont manqué de la plus élémentaire pudeur, abandonnant, au passage, les grands principes qu'ils sont censés défendre. Dans les médias, l'indécence et le mépris ont occupé tout l'espace.

 

Cet "immense soulagement" (sic) s'inscrit dans la droite ligne de l'immense faculté d'oubli dont certains ont pu faire preuve, même si, au lendemain de l'arrestation de DSK, ils ont trouvé les ressources nécessaires pour se souvenir subitement de faits présumés, vieux de plusieurs années. Peut-être était-ce leur façon de trouver là une forme de rédemption ou, en étant moins optimiste, de se donner bonne conscience ?

Publié dans En France et Ailleurs

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Au revoir Docteur

Publié le par Julien Freyburger

Jean-Kiffer.jpg 

 

 

Communiqué de Julien Freyburger

Conseiller municipal de Maizières-lès-Metz

Délégué de la 1ère Circonscription UMP de la Moselle (Metz I)

 

Le Docteur Jean Kiffer s'en est allé. C'est une grande perte pour toute notre Région, pour cette Moselle qu'il portait tellement dans son coeur. C'est un séisme pour Amnéville dont le nom du Docteur était devenu synonyme. Cette disparition soudaine va laisser un vide sidéral dans tout le sillon mosellan et la vallée de l'Orne, terres qui lui étaient si chères.

 

Dans ce moment bouleversant, je me remémore les cinq heures passées récemment ensemble, autour d'un déjeuner dans sa "Principauté". Il m'avait consacré tout ce temps pour parler de son action, de ses projets et de la situation de l'ensemble de notre bassin de population. Sa personnalité hors normes, parfois si difficile à cerner, recelait une vraie richesse humaine.

 

Il a métamorphosé Amnéville qui, de vieille cité industrielle en déclin, est devenue une commune touristique de tout premier ordre. Il a beaucoup fait pour les Amnévillois qu'il considérait tous comme ses enfants. Son oeuvre marquera très longtemps les esprits.

 

A son épouse, à sa famille et à tous ses proches, je présente mes condoléances les plus attristées. Nous pensons tous bien à vous, Docteur.

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La présomption d'innocence et la pondération valent pour les uns, pas pour les autres !

Publié le par Julien Freyburger

Après la décision de la commission des requêtes de la Cour de Justice de la République au sujet de "l'arbitrage Tapie", on pouvait s'attendre à un changement d'attitude de la part de responsables socialistes si prompts, ces derniers temps, à inciter à la modération dans le cadre d'une procédure judiciaire. Il est vrai que le précécesseur de Christine Lagarde à la direction générale du FMI est toujours un membre éminent de ce parti.

 

Il n'y a rien de pire que les condamnations politiques avant même qu'un jugement ait eu lieu. Pourtant, que n'avions-nous entendu de la part d'importants dirigeants du PS au sujet de personnalités de droite simplement soupçonnées d'un délit pour lequel la Justice ne s'était pas encore prononcée...

 

La survenance de "l'affaire DSK" a fortement interpellé l'opinion publique, à la mesure de ce que les faits présumés représentaient tant sur le plan humain et juridique que sur celui des symboles : un puissant dirigeant fortuné d'un côté, une modeste femme de chambre issue de l'immigration de l'autre. A moins que ma mémoire récente me trahisse, il me semble que la majorité s'est dans l'ensemble très bien comportée en ne condamnant pas publiquement un homme avant même que l'affaire soit évoquée devant les tribunaux américains. Les donneurs de leçons habituels étaient pris à leur propre jeu puisque l'UMP n'a en rien cherché à exploiter cette affaire, tout en rappelant que la réciproque n'avait pas toujours été de mise, bien au contraire.

 

Une certaine dignité semblait avoir trouvé sa place dans les discours. Changement de moeurs politiques ou bien simple posture de la part d'un parti socialiste pris dans la tourmente ? A en juger par certaines déclarations aussi prématurées qu'infondées, l'accalmie aura été de courte durée...

 

Autant on ne peut que se réjouir de la lumière qui sera faite au sujet de l'arbitrage en cause aujourd'hui - circonstances qui permettront à Christine Lagarde, j'en ai la conviction, de faire la preuve de sa bonne foi - autant il m'apparaît indispensable que l'opposition fasse montre de modération et ne procède pas à une application à géométrie variable de la présomption d'innocence. C'est bien le moins que l'on peut attendre d'elle.

Publié dans En France et Ailleurs

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