En France et Ailleurs

Mardi 12 octobre 2010 2 12 /10 /Oct /2010 10:58
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En ce jour de manifestations contre la réforme - vitale - des retraites, on parle beaucoup des jeunes, lycéens ou étudiants, qui en viendraient à participer aux cortèges syndicaux, répondant ainsi à l'appel d'organisations satellites du parti socialiste.

 

Cet appel est parfaitement condamnable et irresponsable, dans la mesure où les plus jeunes d'entre nous ont mieux à faire que de servir de supplétifs aux manifestants, eux-mêmes destinataires d'une information quelque peu orientée.

 

Et, surtout, ce n'est certainement pas l'intérêt des lycéens et étudiants, futurs "actifs", qui est aujourd'hui défendu. C'est même l'inverse !

 

La situation est paradoxale : des jeunes vont défiler pour défendre le maintien des acquis de certaines catégories de salariés qui, aiguillonnés par les organisations syndicales et politiques protestataires, souhaitent l'échec d'une réforme pourtant indispensable.

 

Si cette tentative réussissait, rien ne changerait sauf notre système de retraite par répartition qui, lui, n'y survivrait pas... Les premières victimes en seraient les plus jeunes qui, non contents de cotiser pour les retraités d'aujourd'hui et de demain, se verraient privés de la solidarité des générations qui les suivront !

 

On pourrait souligner le caractère cocasse de cette situation si le sujet n'était pas aussi important pour la société française.

 

Alors que la durée de vie a heureusement progressé, que des avancées ont été réalisées en matière de pénibilité et de carrières longues, que tous les pays européens ont réformé leur système de retraite, qui peut raisonnablement s'opposer à tout changement en France ?

 

Il me paraît urgent de penser aux plus jeunes d'entre nous plutôt que de les inciter à manifester contre une réforme qui, de toute évidence, devrait leur permettre de bénéficier eux aussi de la solidarité nationale qui ne se conçoit pas à sens unique.

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Vendredi 8 octobre 2010 5 08 /10 /Oct /2010 18:18
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La tendance consistant à dénoncer les dysfonctionnements plutôt qu'à souligner les avancées est toujours forte. C'est devenu la norme, tant l'envie de progrès, d'abord fondée sur des constats de carence ou d'insuffisance, est intégrée aux comportements des groupes sociaux. La société dans son ensemble essaye de se diriger vers un "mieux". C'est d'ailleurs l'une des premières motivations de celles et ceux qui s'engagent dans la vie publique.

 

Il n'est pas interdit non plus de manifester, si ce n'est une satisfaction, du moins un encouragement, quand un sujet fait l'objet d'avancées concrètes.

 

C'est le cas des conditions de ressources et de logement des étudiants qui ont d'ailleurs pu s'en rendre compte depuis la rentrée universitaire. Sans nier les besoins justifiés exprimés par le monde étudiant et qui ne sont pas toujours satisfaits, il me paraît légitime de faire le point sur certaines mesures tangibles, facteurs d'améliorations.

 

Ainsi, les étudiants boursiers ont perçu en cette rentrée un mois et demi de bourse au lieu d'un seul. L'objectif poursuivi par le Gouvernement est de verser dès la prochaine année universitaire non plus neuf mais dix mois de bourses à chaque étudiant boursier pour s'adapter à l'allongement de l'année universitaire.

 

Le relèvement des plafonds de revenus pour l'obtention d'une bourse s'est traduit par 90 000 bénéficiaires de bourses supplémentaires entre 2007 et 2010, soit une hausse de près de 20 %. Le montant des bourses aura augmenté de 13 % en moyenne en trois rentrées, et de 20 % pour les 100 000 étudiants les moins favorisés. Des mesures ont également été prises pour faciliter l'accès des étudiants boursiers à une mutuelle complémentaire. Le fractionnement du paiement des frais d'inscription et de sécurité sociale est aussi une avancée pour tous les étudiants.

 

En matière de logement, plus de 44 000 chambres universitaires ont été rénovées ou construites depuis 2007. C'est un progrès sensible qui sera poursuivi avec l'Opération Campus, cinq milliards d'euros étant destinés à la rénovation de 46 sites universitaires. Un bémol (de taille) : l'académie de Nancy-Metz semble quelque peu à la traîne en matière de rénovation de logements étudiants... un sujet à ne pas laisser de côté !

 

L'autonomie des universités s'accompagne d'un effort financier très important de l'Etat. Plus que des mots ou des discours pas toujours suivis de réalisations concrètes, ces mesures constituent, par leur ampleur et leurs ambitions, un vrai soutien à l'égalité des chances au sein de la République.

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Lundi 27 septembre 2010 1 27 /09 /Sep /2010 14:29
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Ce titre est celui d'un article publié récemment dans le journal Les Echos, écrit par Serge Graffard et Jean-Louis Montagut. Ces deux experts sont membres du GrasiF, groupe de réflexion sur les questions sidérurgiques rassemblant des représentants du monde industriel, universitaire et des partenaires sociaux.

 

Etant en relation avec le GrasiF, j'ai la possibilité de suivre ses travaux qui consistent à promouvoir un pan essentiel de notre industrie, la métallurgie, à travers une réflexion associant parlementaires et élus locaux et la formulation de propositions concrètes. Il va sans dire que la Moselle et la Lorraine sont particulièrement concernées.

 

Les questions industrielles doivent être au centre de notre réflexion stratégique car une puissance économique comme la France ne peut pas, ne doit pas laisser de côté l'industrie, facteur de croissance et gisement d'emplois.

 

Je vous propose de découvrir la contribution du GrasiF publiée dans la presse économique.

 

Les Etats Généraux de l’industrie ont confirmé un constat sans équivoque, depuis 2000 l’industrie a perdu plus de 900 000 emplois directs ou indirects. 16% de la valeur ajoutée française provient de l’industrie, contre 30% en Allemagne. Notre industrie n’est pas assez innovante et investit trop peu.

 

Ces Etats Généraux ont laissé entrevoir une réelle dynamique, une forte volonté collective a émergé rappelant l’impérieuse nécessité de redonner une véritable ambition industrielle pour notre Pays. Le 4 mars 2010, à Marignane, le Président de la République a annoncé un plan d’actions avec un objectif ambitieux : augmenter la production industrielle d’au moins 25% d’ici à 2015.

 

Nous souscrivons à cet engagement, avec l’espoir que des actions concrètes suivront les déclarations d’intention.

 

En mai dernier dans ce journal, Pierre Gattaz a plaidé pour ‘‘l’indispensable industrie’’ ; nous souscrivons également à son constat et à ses prospectives, mais nous voulons par ailleurs attirer l’attention sur les fondamentaux, sur un secteur essentiel trop souvent ignoré voire décrié : la métallurgie…

Cette filière amont est en effet : clef de succès pour des domaines capitaux tels que les transports (automobile, ferroviaire, aéronautique..), l’énergie (nucléaire, énergie durable..), la construction navale, l’armement, le bâtiment…

Indispensable pour dynamiser ces mêmes filières, préserver nos compétences, notre savoir-faire. Nécessaire pour renforcer la recherche, les innovations sans oublier la formation…

 

Pour la métallurgie, le défi est clairement identifié. Contrairement à ce qui existe dans les Pays voisins de l’Union Européenne, les partenariats stratégiques public/privé sont très peu présents pour son développement.

 

Parallèlement, la situation de la recherche et de la formation dans ce secteur est préoccupante comme l’indique le rapport récent de l’Académie des sciences et de l’Académie des technologies. La métallurgie avancée est un atout, son absence pourrait-être un obstacle majeur au développement industriel !

Dans son ensemble, force est de constater, une absence de stratégie nationale qui handicape lourdement notre économie.

 

L’objectif est de préparer efficacement l’avenir, comme le souligne Pierre Gattaz : ‘‘ l’heure n’est plus à la bataille d’égo ou de pouvoir. Il est temps d’avancer de manière coordonnée et forte. Oublions nos gauloiseries, chassons en meute ! ’’

 

Il faut que la dynamique actuelle se traduise pour cette industrie aussi, par une feuille de route précise avec des objectifs suffisamment ambitieux, assortis d’étapes de réalisations clairement identifiées.

 

En 2008, préoccupé par l’avenir de ce secteur, nous avons constitué un Groupe de réflexions nommé GrasiF, composé de spécialistes issus du monde industriel et universitaire, de partenaires sociaux, avec pour objectif de tenter de limiter le lent et pernicieux effeuillage de cette discipline en France, et de définir des scénarios alternatifs, originaux et courageux pour une métallurgie forte et durable pour notre Pays et pour l’Europe.

 

Dans le cadre de ces Etats Généraux, les experts du GrasiF ont apporté leur contribution au Groupe de Travail sur les biens intermédiaires avec trois lignes directrices de proposition. Aujourd’hui, le GrasiF appelle à une mobilisation courageuse des Responsables publics et privés dans le but de reconfigurer la métallurgie française, plus conforme à sa vocation et à sa véritable place en Europe.

 

Le dire c’est bien, le fer c’est encore mieux !

 

Serge Graffard / Jean-Louis Montagut

 

© GrasiF : sept. 2010.

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Vendredi 10 septembre 2010 5 10 /09 /Sep /2010 09:07
- Publié dans : En France et Ailleurs

A entendre certains représentants de l'opposition, le gouvernement serait en train de conduire une réforme "injuste", "accablant les plus modestes" et "profitant aux plus riches". Stock-options, revenus du capital et rentes en tous genres seraient privilégiés au détriment des classes laborieuses, modestes ou moyennes... Certains se posent ainsi en donneurs de leçons, exercice dans lequel ils excellent. Il faut bien reconnaître qu'il est nettement plus facile de monter au créneau médiatique pour montrer que l'on est du côté des plus fragiles que de proposer des solutions ou, mieux encore, d'adapter notre système quand on conduit les affaires gouvernementales !

 

Si l'on se penche sur les avancées de ces dernières années, on se rend rapidement compte que la droite a toujours pris ses responsabilités. Les réformes de 1993 et de 2003 en témoignent. Quant au parti socialiste, au pouvoir pendant 15 années depuis 1981, il a toujours confirmé les mesures prises par les gouvernements de droite après les avoir dénoncées dans l'opposition. Les deux seules décisions dont la paternité revient à Monsieur Jospin sont la création du conseil d'orientation et du fonds de réserve des retraites. Toutes les mesures de justice sociale, d'équité, de responsabilité sont, en revanche, à attribuer aux gouvernements dirigés par la droite et le centre. On peut notamment citer l'alignement du public sur le privé ou bien encore l'extension des mesures applicables aux carrières longues aux personnes qui ont commencé à travailler à l'âge de 17 ans.

 

Ce n'est pas par pur masochisme que la réforme actuelle est lancée mais parce que le temps presse. Si l'on veut éviter la faillite de notre système de retraite par répartition c'est-à-dire une véritable injustice générationnelle qui verrait les jeunes actifs d'aujourd'hui cotiser pour assurer les retraites et pensions sans pour autant bénéficier de la même situation une fois l'âge de la cessation de leur activité atteint.

 

La répartition est le système le plus juste et le moins perméable aux fluctuations de l'activité économique. Dans un sens opposé, les socialistes proposent une plus grande sollicitation des entreprises et des revenus financiers, déjà mis à contribution et tributaires des aléas de la conjoncture économique. Un chiffre mérite d'être cité : le PS propose une taxation des stock-options à hauteur de 2 milliards d'euros alors que l'assiette est de 2,7 milliards. Une fois la première année passée, il n'y aurait plus grand chose à prélever... Loin de moi l'idée de défendre l'économie financière dont l'utilité est aussi incontestable que les excès et outrances dont elle a fait montre. Je préfère, et de beaucoup, défendre l'économie réelle fondée sur le savoir-faire et le travail c'est-à-dire l'emploi. Mais il est indéniable que des interactions existent entre les deux et qu'on ne peut avoir en la matière une position caricaturale sauf à vouloir sombrer dans le populisme le plus cynique. 

 

En matière de retraites, il serait souhaitable que l'esprit de responsabilité prévale et que l'on sorte de débats quelque peu stériles. Il est indispensable de discuter sereinement et d'améliorer le projet en discussion sur certains aspects, tout particulièrement la prise en compte de la pénibilité. Pour ce faire, la mobilisation de chacun est nécessaire car n'oublions pas que l'avenir des plus jeunes d'entre nous se prépare dès maintenant.

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Lundi 30 août 2010 1 30 /08 /Août /2010 14:35
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La rentrée s'annonce, précédée d'un cortège d'informations plus ou moins stimulantes. Trois d'entre elles font actuellement débat.

 

Les modifications qui affectent l'enseignement de l'Histoire au collège avec le "retrait" de Louis XIV et de Napoléon et l'ouverture aux autres civilisations. La polémique qui fait rage aujourd'hui comporte très probablement des excès mais il ne faudrait pas pour autant, au (bon) motif consistant à élargir le champ des programmes, faire l'impasse sur des périodes extraordinairement riches de l'histoire de France. Comment bien comprendre la France, l'Europe et, d'ailleurs, le Monde d'aujourd'hui sans connaître le siècle de Louis XIV et l'épopée napoléonienne dont les manifestations sont encore très prégnantes ?

 

La proposition de la FCPE, l'une des deux principales organisations nationales de parents d'élèves avec la PEEP, visant à supprimer les devoirs à la maison et à limiter la semaine d'un lycéen à "35 heures TTC, tout travail compris". Une idée pour le moins originale qui met l'apprentissage du travail et le goût de l'effort personnel quelque peu sous l'éteignoir. Une fausse bonne idée justifiée par ses promoteurs sous l'angle de la nécessaire ouverture des élèves à d'autres activités, culturelles ou sportives. Deux questions méritent d'être posées : l'une sérieuse sur la supposée incompatibilité entre des devoirs personnels et des activités de découverte ; l'autre provocante sur ce temps de travail institutionnalisé des lycéens... à quand la mise en oeuvre de l'ARTT au bénéfice des élèves ? Les 35 heures ont-elles tant apporté aux administrations publiques et aux entreprises qu'il deviendrait nécessaire d'en rendre bénéficiaires les lycéens ?

 

Enfin, la position du Ministre de l'Education nationale, Luc Chatel, sur l'obligation des élèves de se lever à l'entrée du professeur dans la salle de classe. Une règle déjà appliquée par certains enseignants qui y voient, à juste titre, une marque de respect à l'égard de leur personne, dépositaire de l'autorité. Ce constat fait dire à certaines critiques que la proposition ministérielle se trouve par voie de conséquence vidée de tout contenu. C'est une erreur puisqu'il apparaît inconcevable de voir cette marque de respect appliquée de façon variable. L'imposition n'est pas nécessairement un mal dans une société qui a besoin de quelques repères.

 

Sans être un spécialiste des sciences de l'éducation dont l'expertise peut certainement apporter beaucoup, je pense qu'en matière d'éducation, il faut savoir raison garder.

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